Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 08:52

Xavier Bertrand défend le bouclier fiscal contre des personnalités de sa majorité (voir article précédent) :

 

"Ce n'est pas avec des symboles que vous êtes efficaces, que vous relevez davantage encore le défi de la lutte contre le chômage", a-t-il déclaré sur i-Télé, soulignant : "Le bouclier fiscal, c'est un enjeu d'à peu près 500 millions d'euros. Quand on voit aujourd'hui l'ampleur des déficits, faire croire qu'une seule mesure permettrait de tout régler, ce n'est pas la vérité."

 

Ah bon ?! Alors pourquoi l'UMP prétend-t-elle que la suppression d'un fonctionnaire sur deux va résoudre le problème du déficit alors que ça ne rapporte que 500 millions d'euros aussi (dont on a déjà redistribué 1/3 sous forme de hausse des salaires de certains fonctionnaires, pour faire passer la pilule) . Deux poids deux mesures : quand cela va dans le sens de l'idéologie du parti, c'est LA solution et quand c'est contraire à cette même idéologie, c'est un symbole et donc c'est inutile d'en discuter.

 

Tiens tiens, mauvaise foi ? Idéologie mal placée ? Où est le pragmatisme minimum que l'on peut attendre des dirigeants politiques ?

Par yann - Publié dans : Vie politique
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 08:23

 

Je le dis depuis longtemps :

 

- le problème du déficit public doit se régler par une diminution et surtout une rationalisation des dépenses, lorsque nous serons en période de croissance économique suffisante et pas avant (cela sera en partie automatique puisqu'il y aura alors moins de prestations à verser, encore faudra-t-il rationaliser, ce qui n'est pas automatique malheureusement) 

- ET surtout par une réorganisation de nos recettes fiscales : il faut optimiser (abandonner les impôts dont le rendement Recettes/Coût de collecte est faible) et rendre plus juste notre fiscalité en augmentant les impôts progressifs.

 

Un déficit est toujours un écart négatif entre recettes et dépenses. Donc agir sur les seules dépenses est insuffisant pour régler le déficit. Surtout lorsque des mesures qui éliminent certaines recettes se multiplient : bouclier fiscal, baisse de l'impôt sur le revenu ou du nombre de tranches, niches fiscales, crédits d'impôts...

 

 

Jean Arthuis, centriste allié à l'UMP pour faire simple, mène avec le Nouveau Centre et Alain Juppé une fronde (cliquer ici) contre le bouclier fiscal : injuste et inefficace. Injuste car il protège les plus favorisés et inefficace car il n'a pas suscité le retour des capitaux comme annoncé de façon bien imprudente.

Mais aussi contre l'ISF : juste (et encore c'est discutable, les plus gros patrimoines peuvent l'éviter grâce aux niches fiscales et avocats spécialistes des défiscalisations dont les honoraires sont exorbitants) mais très inefficace puisqu'il coûte aussi cher à collecter que ce qu'il rapporte étant donné sa complexité.

 

Cette réflexion va dans le sens que j'indiquais et je la soutiens à 80% : il ne suffit pas d'une tranche de plus sur l'impôt sur le revenu, réintroduire les deux tranches qui ont été supprimées en 2007 (par D. de Villepin lorsqu'il était PM) serait un signe d'apaisement fort envers ceux qui défendent l'ISF et ce qu'il représente.

Par yann - Publié dans : Vie politique
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 08:03
arbre.jpg F.Fillon vient de signer l'annulation de la taxe carbone. Pour beaucoup qui croient à la fiscalité verte, c'est une provocation. C'est surtout un moyen de renouer avec un électorat traditionnel, ce qui a déjà été fait par N.Sarkozy au salon de l'agriculture (Nouveaux délais pour les mesures du Grenelle, applicables dans l'agriculture, sur les pesticides...).

Comme je l'avais écrit, je ne soutiens pas la taxe carbone qui avait été prévue : trop injuste (les plus gros pollueurs ne l'auraient pas payé et l'électricité n'était pas taxée), trop faible et donc inefficace pour modifier les comportements. Je souhaitais donc un autre texte, qui créait une fiscalité verte juste et efficace. Cela passe selon moi davantage par un système de bonus-malus, du type automobile, mais étendu à un ensemble de produits : matériaux de construction, chaudières, élecroménager,... Ce mécanisme a l'avantage de ne pas freiner l'avancée des consciences environnementales. En effet, la taxe carbone a suscité un rejet de l'écologie car elle apparaissait alors comme un prétexte à la création d'un nouvel impôt ; alors que le système bonus-malus dans l'automobile a réellement eu un impact sur les comportements des consommateurs, un effet incitatif et a permis un début de prise de conscience des enjeux environnementaux.

Le Gouvernement aujourd'hui parle de perte de compétitivité subie par notre industrie face aux concurrents européens et étrangers qui ne subissent pas cette taxe. Il y a une concurrence déloyale. C'est une idée simple, avérée à court terme (vous savez 2012 c'est demain) mais assez peu défendable à long terme :4397374399_96b9e1f150.jpg




- Les pays, dont l'industrie s'adaptera aux défis environnementaux avant les autres, auront demain des marges de compétitivité très importantes face aux pays et entreprises étrangères. L'Allemagne qui a de l'avance actuellement dans les énergies renouvelables (Siemens notamment), doit cet avantage aux efforts publics en faveur de l'éolien et du solaire dans les années 1990 et surtout  2000 ;

- On peut éviter la concurrence déloyale de partenaires européens en leur demandant de créer au niveau européen cette fiscalité. Mais comment inciter nos partenaires européens à engager cette révolution fiscale si nous ne la testons pas d'abord ? Il faut être précurseurs, avec d'autres (Suède, Danemark...) qui l'ont déjà fait ;

- Il n'y a pas de perte de compétitivité même à court terme si nous sommes capable de baisser la pression fiscale par ailleurs, ce qui n'est pas possible actuellement étant donné l'incapacité du Gouvernement à équilibrer le budget ou au moins à réduire les déficits. Là encore les dépenses choisies en 2007 ont été coûteuses et inefficaces ;

- Il faut taxer aux frontières les produits étrangers qui ne respectent pas des normes environnementales aussi sévères que celles que nos entreprises doivent respecter. Je suis libre-échangiste : je crois aux vertues du libre-échange et du commerce international mais je suis aussi pragmatique. Des formes de protectionnisme très ciblées m'appararaissent acceptables, au moins temporairement. On ne peut accepter dans nos magasins des produits (certes) moins chers parce que réalisés dans des conditions moins contraignantes et en même temps dire à nos entreprises qu'elles doivent faire des efforts importants et les laisser se confronter à une concurrence qui n'a pas les mêmes contraintes. Il faut demander une contrepartie à ces dernières. Problème : les accords conclus dans le cadre de l'OMC nous l'interdisent. Il faut que l'Europe dans sa totalité négocie fermement pour appliquer ces mesures ou inciter les autres continents à agir aussi, c'est peut-être un moyen de relancer le sommet de Copenhague. Ni la Chine, ni les USA ne peuvent se passer des consommateurs européens, le marché le plus vaste du monde, on l'oublie souvent.


Pour conclure, je comprends le recul du Gouvernement qui répond ainsi à une urgence politique. Cependant, il ne faut pas oublier que pour les hommes politiques, l'urgence sera environnementale dans quelques années. Les catastrophes liées aux activités humaines polluantes nous rappelleront bientôt que nous aurons eu tort de ne pas agir : écologie et démocratie sont liées. C'est aux hommes politiques d'agir pour l'environnement, sinon les dérèglements environnementaux seront à l'origine de catastrophes politiques futures. Les extrémismes savent exploiter ces situations pour justifier leurs relents despotiques.
Par yann - Publié dans : Projets gouvernementaux
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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 22:24
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Par yann
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 10:25

Après que le Conseil Constitutionnel ait invalidé la loi instaurant la Taxe carbone en décembre 2009, le gouvernement rédige une nouvelle loi incluant cette fois les industries mais de manière très limitée.

On trouve pour le moment peu d'informations sur cette nouvelle mouture. J'ai trouvé une interview de Corinne Lepage sur France Info qui en parle (au milieu de l'interview environ.

SVP Mme Lepage, restez au MoDem ! 

Par yann - Publié dans : Projets gouvernementaux
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  • Enseignant en Sciences Économiques et Sociales, engagé dans la vie politique locale à mes heures perdues -si j'en ai-, papa, tout me porte à partager mes opinions et les vôtres, notamment sur l'actualité politique.

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